Le retour à l’emploi : 4 mois après !

Et oui presque 4 mois que je suis de retour dans la vie active ! On le dit souvent, mais qu’est-ce que ça passe vite !

Alors oui j’avoue que les deux premières semaines je ne disais pas ça… On m’a laissée arriver tranquillement. Mon prédécesseur était parti depuis 4 mois et je suis arrivée en pleine période de … grippe… Plusieurs collègues et notamment ma chef ont dû s’absenter pour maladie ou pour enfants malades (je n’avais pas cette cause d’absence en tête quand je suis arrivée tiens !). Donc sur 10 jours j’ai vu ma chef la moitié du temps. Ça a été assez calme, voir même un peu trop…

En même temps cette période de tranquillité m’a permis de me familiariser avec le prénom de mes collègues (une bonne quarantaine dans mon service ! dans ma précédente structure on était une dizaine !), avec la structure, l’organisation du serveur informatique (argh accrochons-nous !) et les missions qui allaient m’être confiées.

Dès que l’épisode de grippe s’est calmé on a commencé à me donner des missions. La première s’est avérée être un dossier important sur lequel mon prédécesseur avait déjà passé pas mal de temps et réalisé des dizaines de versions. Bref un dossier avec un bon passif. Sauf que sur le coup je ne le savais pas. La première réunion s’est très bien passée, on m’a demandé de réaliser des traitements pour la prochaine fois, et sur le coup ça me paraissait facilement réalisable.

Il s’agit d’une erreur de débutante : je ne connaissais pas les différentes données à disposition ni leur état, puisqu’en me mettant au travail j’ai constaté que même s’il existe beaucoup d’informations et de données sur une multitude de thèmes, il manque parfois LA donnée. Celle qu’au final tu vas être la première à créer. C’est uniquement aujourd’hui que je me dis que je suis peut-être le Christophe Colomb de la cartographie des bandes de constructibilités pour le PLU. Parce que sur le coup tu te dis plutôt « Argh je fais ça comment ?? » Note à moi-même et à toi lecteur : A moins que la personne qui te donne une tâche en ait déjà réalisée une semblable ou qu’elle connaisse parfaitement les données que tu as à disposition et la méthodologie à mettre en œuvre, méfie-toi toujours quand on te dit que ça va être simple !

Je suis parvenue à quelques résultats après plusieurs jours de travail pour présenter à la prochaine réunion. Cette réunion je la sentais assez mal. Et à raison. J’ai présenté mes données et la personne qui aurait été la plus à même de comprendre mes difficultés m’a tranquillement demandé si j’avais un master dans le domaine. Et ça devant mes chefs bien sûr.

Dans les dents ! J’étais arrivée depuis 3 semaines ^^’ Sur le coup ma confiance en moi a été ébranlée. Ça peut paraître exagéré de douter pour une simple remarque. Cependant je pense que ceux qui ont vécu une période de chômage comprennent ce qu’on peut ressentir en arrivant dans une structure. Est-ce que je suis toujours à la hauteur ? Ça fait un moment que je n’ai pas traité de dossier, est-ce que je vais m’en sortir ? Ais-je toujours les compétences ? Personnellement j’avais fini mes études dans le domaine depuis plus d’1 an, sans avoir eu à re-manipuler mes logiciels métiers.

 

Petite réflexion du jour : pourquoi laisser des jeunes diplômés galérer, douter d’eux pendant plusieurs mois et finalement les embaucher ensuite quand ils ont commencé à perdre certaines notions ? Oui je sais que ça se retrouve vite, il ne m’aura fallu que quelques jours pour retrouver mes réflexes sur mon logiciel. Mais n’aurait-ce pas été plus rapide et rentable de m’embaucher dès la sortie des études ? Ou alors peut-être est-ce un test comme on a pu me le dire : on regarde ce que font les jeunes diplômés après leurs études et ça permet de déterminer ceux qui se bougent et les autres ?

 

Revenons à nos moutons 🙂 Ma chef a bien compris mon état d’esprit et m’a rassurée (c’est important les chefs comme ça !), d’autant plus qu’elle m’a expliqué plus en détail le passif sur le dossier et également entre les structures. J’ai donc été une victime collatérale de la mauvaise humeur de ce monsieur ^^

À part ça en 4 mois tout va très bien 🙂 J’ai des collègues sympas et des missions variées, je me sens à ma place dans cette structure. Je me lève chaque matin en me disant que je vais faire avancer les choses à ma manière.

Une petite chose m’a cependant beaucoup surprise quand je suis arrivée : mes collègues râlaient sur leurs conditions de travail. Je ne dis pas, j’ai moi-même tendance à râler sur tout et rien et j’aime ça : la pluie, les dossiers sur lesquels je dois revenir 10 000 fois, les collègues qui me demandent des trucs censés prendre 2 minutes et qui me prennent plutôt 2h, mon emploi du temps qui change chaque jour au rythme des réunions qu’on annule ou ajoute au dernier moment… Il paraît que c’est très français ça de râler tout le temps. Je pense que c’est vecteur de lien social : on se plaint toujours aux autres. Bref. Toujours est-il qu’en arrivant j’ai été très étonnée : après avoir cherché du travail pendant plusieurs mois je garde en tête que j’ai eu « de la chance » de trouver ce boulot. Après, pour moi, il s’agit de mon premier poste, j’étais prête à accepter n’importe quel emploi dans mon domaine. Je comprends qu’après plusieurs années dans une structure on veuille évoluer mais je pense qu’on oublie trop facilement la galère des débuts, et même plus généralement à quel point la recherche d’emploi peut être éprouvante. Je vais essayer de garder ça en tête le plus longtemps possible, c’est important 🙂